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Axe 3 : Le réel et l’imaginaire

Axe 3 : le réel et l'imaginaire
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Table des matières

Le réel et l’imaginaire constituent le troisième axe des programmes de 5e. C’est un axe que je trouve à la fois très riche… et, je dois l’avouer, un peu déroutant au premier abord. Comme souvent, le texte officiel est flou, et pas toujours immédiatement transposable dans nos classes. L’objectif de cet article est donc, une fois encore, d’en proposer une lecture claire et exploitable, sans s’éloigner des attendus.

Cet article fait partie d’une série destinée à vous aider à mieux comprendre et exploiter les nouveaux programmes de 5e en détaillant chaque axe et chaque objet d’étude. Vous trouverez les autres articles de la série en bas de page.

Axe 3 : le réel et l'imaginaire

Introduction

Tout d’abord, je dois dire que cet axe m’a davantage interrogée que les précédents. Autant l’axe 2 repose sur des situations très concrètes du quotidien, autant ici, on entre dans quelque chose de plus abstrait.

En effet, le programme insiste sur une idée centrale : le réel et l’imaginaire ne s’opposent pas. D’ailleurs, les histoires que nous racontons, les univers que nous inventons, ne sont jamais complètement déconnectés de la réalité.

Et c’est là que l’axe devient intéressant. Car il ne s’agit pas simplement d’étudier des récits ou des personnages fictifs, mais bien de comprendre en quoi ces récits disent quelque chose du réel. À nous, ensuite, de réussir à rendre cela accessible à des élèves de 5e. La quadrature du cercle ! Comme souvent avec ces nouveaux programmes d’ailleurs !

L’axe culturel dans sa globalité

Tout d’abord, comme pour les autres axes, j’ai essayé de prendre un peu de recul pour comprendre ce que cela implique concrètement en classe. Pour moi, avec cet axe 3, on amène progressivement nos élèves à entrer dans des univers narratifs plus construits. Mais, et c’est essentiel, on ne quitte jamais complètement le réel. Les personnages évoluent dans des contextes reconnaissables, les situations s’inspirent du monde qui nous entoure.

Concrètement, il ne s’agit plus seulement de comprendre une histoire, mais de se demander ce qu’elle représente, ce qu’elle transforme, ce qu’elle exagère parfois. On peut ainsi faire travailler nos élèves sur des choses très simples en apparence : décrire un personnage, raconter une courte histoire, comparer deux univers. Mais derrière ces activités, il y a cette idée que l’imaginaire n’est jamais gratuit, qu’il est toujours lié à une réalité, même de manière indirecte.

Quelles activités peut-on envisager ?

Ensuite, je me suis attachée à rendre les choses moins théoriques, et à revenir à nos pratiques de classe. D’ailleurs, on se rend compte que cet axe n’est pas si éloigné de ce que nous faisons déjà. Simplement, il demande un léger déplacement.

On peut tout à fait partir d’une histoire courte ou d’un extrait et demander aux élèves d’en reconstituer le sens, d’identifier les personnages, de comprendre ce qui se passe. Mais on peut aller un peu plus loin en leur faisant repérer ce qui relève du réel et ce qui relève de l’imaginaire. Cela peut passer par des choses très simples : un lieu réaliste, un personnage ordinaire, puis un élément étrange qui vient tout bouleverser.

De la même manière, lorsqu’on travaille sur des images ou des affiches, on peut amener les élèves à comparer une représentation idéalisée d’un lieu avec ce qu’ils en savent réellement. Cela fonctionne particulièrement bien avec les pays anglophones, où les clichés sont nombreux et facilement identifiables.

On peut aussi s’appuyer sur l’imaginaire pour développer la production : imaginer la suite d’une histoire, inventer un personnage, raconter une courte aventure. Là encore, rien de révolutionnaire dans les tâches proposées, vraiment.

Quels points de langue peut-on inclure ?

Enfin, comme souvent, cet axe permet surtout de consolider des éléments déjà abordés, mais en les inscrivant dans une logique narrative. Le prétérit s’impose assez naturellement dès que l’on commence à raconter une histoire, même très simple. Le présent simple, lui, reste utile pour décrire des personnages ou des univers. On retrouve aussi les connecteurs chronologiques, indispensables pour structurer un récit, même court : d’abord, puis, ensuite.

Ce qui me semble intéressant ici, c’est l’introduction plus systématique de l’expression de l’opinion, notamment la comparaison. Nos élèves peuvent dire s’ils aiment une histoire, un personnage, un univers, et commencer à justifier, même avec des phrases très simples. On peut également les amener à formuler des hypothèses, avec des marqueurs comme maybe ou perhaps, ce qui correspond bien à cet entre-deux entre réel et imaginaire. Au final, on reste sur des bases connues, mais on leur donne une nouvelle fonction : raconter, imaginer, interpréter.

Les objets d’étude de l’axe 3

A présent, entrons dans le vif du sujet. Car si la lecture de ces nouveaux programmes vous a fait le même effet qu’à moi, vous avez un peu d’urticaire devant ces « objets d’étude ». Essayons de les apprivoiser ensemble. Comme pour les autres axes, le programme propose quatre objets d’étude. Et, à première vue, on pourrait se dire qu’ils se ressemblent tous : après tout, on parle toujours d’imaginaire. Pourtant, en y regardant de plus près, chacun propose en réalité un angle bien spécifique, et c’est justement ce qui va nous aider à construire une progression cohérente.

Mondes réels, mondes rêvés

Tout d’abord, cet objet d’étude me paraît être le plus accessible pour nos élèves, mais aussi le plus riche si on prend le temps de bien le comprendre. Le programme évoque explicitement le passage « de la cité idéale de la famille Cadbury à l’imaginaire de Roald Dahl », ce qui nous donne une clé de lecture essentielle : on part du réel pour aller vers un monde transformé, idéalisé ou réinventé.

C’est exactement ce que l’on retrouve dans Charlie and the Chocolate Factory, que j’utilise déjà en classe. On y voit un univers industriel très concret, presque banal, qui bascule progressivement dans un monde extraordinaire. Et je trouve que c’est une entrée idéale en 5e, car nos élèves restent en terrain connu tout en découvrant autre chose. J’ai dans l’idée d’ajouter simplement une petite activité sur Cadbury pour montrer le lien avec le réel. La séquence fonctionne très bien déjà, et elle me permet de proposer une lecture suivie en 5e.

Dans la même logique, on peut très facilement mobiliser Matilda, où le quotidien d’une enfant devient support d’un imaginaire puissant, ou encore The Secret Garden, qui montre comment un lieu réel peut être transformé par le regard et l’expérience. Bien sûr, difficile de ne pas penser à Peter Pan, qui fonctionne particulièrement bien avec des 5e : un cadre réaliste, une chambre d’enfant, puis un basculement vers Neverland. Ce que j’aime ici, c’est que l’imaginaire ne remplace pas le réel, il en est une extension.

Entre Matilda et Peter Pan mon coeur balance pour les prochaines créations. N’hésitez pas à m’écrire pour m’aider à choisir !

Un imaginaire nourri de clichés

Ensuite, le deuxième objet d’étude m’a donné du fil à retordre. Il s’agit ici de s’intéresser aux images véhiculées sur les pays anglophones, autrement dit à la manière dont on se représente une culture, un mode de vie, un pays… souvent à travers des clichés. Dans cette perspective, je trouve que Flat Stanley est une entrée particulièrement pertinente. À travers le récit, on découvre le Royaume-Uni du point de vue d’un enfant américain. Et ce regard est extrêmement intéressant, car il est à la fois naïf, curieux et forcément partiel. On y retrouve des éléments très reconnaissables : des lieux emblématiques, des habitudes différentes, des détails du quotidien qui attirent l’attention. Mais surtout, cela permet de faire émerger une idée essentielle avec nos élèves : ce que l’on voit d’un pays dépend toujours du regard que l’on porte sur lui.

L’imaginaire pour penser le réel

En outre, on aborde le troisième objet d’étude avec une vraie problématique. Ici, l’imaginaire n’est plus seulement un divertissement : il devient un moyen de comprendre le monde réel. Je ne suispas sûre que cette subtilité soit vraiment à la portée d’élèves de 5e mais soit. En me creusant la tête pour trouver un angle d’attaque, j’ai pensé à A Christmas Carol de Charles Dickens. Car c’est exactement ce que propose ce conte : un imaginaire pour comprendre la réalité. Les fantômes ne sont pas là uniquement pour faire peur : ils servent à faire réfléchir le personnage — et le lecteur — sur ses choix et sur la société.

Vous l’aurez compris c’est donc la nouvelle création, une séquence pédagogique sur A Christmas Carol.

Rêveries initiatiques

Enfin, le dernier objet d’étude nous emmène du côté du voyage et de la transformation. Le programme évoque clairement l’idée de « naviguer avec Mark Twain », ce qui donne une direction très nette : le déplacement, réel ou imaginaire, permet de grandir. J’imagine évidemment travailler sur Les aventures de The Adventures of Tom Sawyer ou de Adventures of Huckleberry Finn qui illustrent parfaitement cette idée. 

Mais pour ma part, mon coeur penche plutôt vers The Hobbit, que j’exploite déjà et qui est plus proche de mon univers de prédilection. Bilbo part sans être prêt, affronte des épreuves, et revient transformé. C’est un schéma narratif très lisible pour des 5e.

Conclusion

Pour conclure, l’axe 3 « Le réel et l’imaginaire » m’a semblé, au départ, moins évident que les autres. Mais en prenant le temps de le décortiquer, on se rend compte qu’il s’appuie en réalité sur des pratiques que nous avons déjà. La différence se situe surtout dans le regard que l’on porte sur les supports. Il ne s’agit plus seulement de comprendre une histoire, mais de voir en quoi elle est liée au réel, ce qu’elle en dit, ce qu’elle transforme. C’est un axe qui demande peut-être un peu plus de réflexion en amont, mais qui offre aussi beaucoup de possibilités. Et surtout, il permet de travailler autrement avec nos élèves, en ouvrant clairement la voie à la lecture suivie, et rien que pour ça, je l’aime beaucoup.

Un résumé à télécharger

Cliquez sur les images ci-dessous (l’une ou l’autre) pour obtenir en PDF le résumé pratique de l’axe 3.

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