L’école est au coeur de l’axe 4 des programmes de 5e et nous ramène à un terrain que nous connaissons bien. Mais, comme souvent avec ces nouveaux textes, il ne s’agit pas simplement de décrire une journée type ou de comparer des emplois du temps. Le programme nous invite à aller un peu plus loin, en posant une vraie question de fond : comment les élèves anglophones vivent-ils l’école, et surtout, comment parviennent-ils à équilibrer école et loisirs ?
Cet article fait partie d’une série destinée à vous aider à mieux comprendre et exploiter les nouveaux programmes de 5e en détaillant chaque axe et chaque objet d’étude. Vous trouverez les autres articles de la série en bas de page.
Introduction
Tout d’abord, j’avoue avoir été déroutée, car on retrouve ici un écho très direct à ce qui a été amorcé en 6e autour du quotidien des élèves. Toutefois, avec les 5e, il semble qu’il faille aller plus loin et comprendre des « dynamiques sociales » : appartenance à un groupe, engagement dans des activités, construction de l’identité de l’élève. On va notamment retrouver l’idée des cliques qu’on étudiait plutôt en 4e jusqu’alors.
Autrement dit, l’école n’est plus seulement un lieu d’apprentissage. Elle devient un espace de vie, avec ses codes, ses groupes, ses activités et parfois ses tensions notamment peut-être avec le thème du harcèlement, qu’on travaillait plutôt en 3e.
L’axe culturel dans sa globalité
Tout d’abord, si l’on prend le temps de relire attentivement le texte officiel, on s’aperçoit que cet axe repose sur trois grandes idées, assez complémentaires.
- Premièrement, la diversité des expériences scolaires. Tous les élèves anglophones ne vivent pas l’école de la même manière. Entre les uniformes britanniques, les campus américains ou School of the Air en Australie, les modèles sont nombreux.
- Deuxièmement, la question de l’équilibre entre travail scolaire et loisirs. Le programme insiste clairement sur cette articulation. Les clubs, les activités extrascolaires, le sport ou les engagements associatifs ne sont pas accessoires : ils participent pleinement à la formation des élèves.
- Troisièmement, une dimension plus implicite mais essentielle, apparaît : celle de la construction du citoyen. À travers l’école et les loisirs, les élèves développent des compétences sociales, un sens de l’engagement et une place dans la collectivité.
Concrètement, cela nous amène à dépasser la simple description pour aller vers une compréhension plus fine du rôle de l’école dans les sociétés anglophones. Et c’est là que cet axe devient particulièrement intéressant à exploiter en classe.
Quelles activités peut-on envisager ?
Ensuite, comme souvent avec ces nouveaux axes et objets d’étude, il faut ensuite les traduire en activités concrètes. Et, sur ce point, cet axe est plutôt généreux. On peut tout à fait partir de situations très simples, proches du vécu des élèves : décrire une journée d’école, comparer des emplois du temps, parler de ses activités après les cours. Mais il est tout aussi intéressant d’introduire progressivement des éléments plus culturels.
Par exemple, on peut faire découvrir des systèmes scolaires différents à partir de documents courts, travailler sur les clubs scolaires à travers des affiches ou des vidéos, ou encore proposer des mises en situation où les élèves doivent choisir des activités et justifier leurs choix.
Les jeux de rôle fonctionnent également très bien : s’inscrire à un club, convaincre un camarade de rejoindre une activité, organiser son emploi du temps. Ce sont des situations simples, mais qui permettent de mobiliser la langue de manière naturelle.
Enfin, cet axe se prête particulièrement bien à des activités de comparaison. Et c’est souvent là que les élèves s’engagent le plus : lorsqu’ils peuvent mettre en regard leur propre expérience et celle d’élèves anglophones.
Quels points de langue peut-on inclure ?
Enfin, sur le plan linguistique, cet axe s’inscrit dans une continuité très rassurante.
- Le présent simple reste incontournable pour parler des habitudes et des emplois du temps. Les adverbes de fréquence trouvent ici toute leur place, tout comme les marqueurs temporels.
- Très rapidement, on peut aussi mobiliser be + V-ing, notamment pour décrire des situations en cours ou des scènes de vie scolaire. Les modaux comme can, must ou should permettent d’aborder les règles, les obligations ou les conseils, ce qui est particulièrement pertinent dans le cadre scolaire.
- Du côté du lexique, on retrouve bien sûr le champ de l’école (subjects, timetable, clubs), mais aussi celui des loisirs, des relations sociales et des émotions. Et c’est un point important : cet axe permet de travailler la langue du ressenti, de l’appartenance, de l’opinion.
- Enfin, les comparatifs peuvent être mobilisés pour mettre en parallèle différents systèmes scolaires ou modes de vie, ce qui correspond parfaitement aux attendus culturels.
Les objets d’étude de l’axe 3
Comme pour les autres axes, celui-ci s’organise autour de quatre objets d’étude, qui permettent d’aborder la thématique sous différents angles. Ce sont les objets d’étude que je trouve les plus abordables de tout le programme car proches des élèves.
Découvrir des formes scolaires inhabituelles
C’est probablement l’objet le plus « accrocheur » pour démarrer, à condition de ne pas rester trop théorique. La première image qui me vient, en tant que Potter Head évidemment, c’est celle de l’école “hors norme”, et là, difficile de ne pas penser à Harry Potter. L’école de Poudlard permet de travailler énormément de choses : les maisons, les matières étranges, les règles, la vie en internat… mais surtout, elle permet de comparer avec une école bien réelle.
Dans le même esprit, on peut aussi aller vers des écoles très marquées culturellement, comme les internats britanniques (uniforme, discipline, traditions), ou à l’inverse vers des modèles plus modernes ou alternatifs : écoles en plein air, écoles sans classe fixe, journées plus flexibles.
On peut également penser aux écoles américaines avec leur organisation très différente (locker, changements de salles, importance des activités extrascolaires). Là, on est dans quelque chose de très concret et très visuel.
Des cliques aux fraternités et sororités
Ici, il faut faire attention à ne pas tomber uniquement dans la fiction. Le programme parle bien de représentations sociales. La première idée qui m’est venue, ce sont les groupes d’élèves tels qu’on les voit dans les productions anglo-saxonnes : les populaires, les sportifs, les artistes, les élèves discrets… C’est un univers que les élèves reconnaissent immédiatement, mais je le trouve trop souvent caricatural. On peut s’appuyer sur des références connues sans forcément entrer dans des œuvres complexes, par exemple des scènes de films ou de séries se déroulant au lycée, où les groupes sont très visibles. Pour éviter toute stigmatisation, j’ai préféré étudier ce thème avec deux flapbooks.
Les clubs à l’école
Pour celui-ci, les idées viennent presque toutes seules, et c’est ce qui rend cet objet très confortable. Je pense immédiatement aux clubs américains : drama club, sports teams, debate club, music band… C’est un univers très structuré dans la culture anglophone, et assez différent de ce que connaissent nos élèves.
On peut aussi s’appuyer sur des situations concrètes : choisir une activité, essayer quelque chose de nouveau, s’investir dans un projet, gérer son temps entre école et loisirs. Une piste intéressante consiste à travailler sur le choix et la motivation : Pourquoi s’inscrire à un club ? Qu’est-ce que cela apporte ?
On peut également imaginer des scénarios très simples mais efficaces : créer un club original (cooking club, gaming club, eco club), organiser une journée des clubs, ou encore convaincre quelqu’un de rejoindre une activité. C’est vraiment l’objet d’étude idéal pour aller vers de l’oral spontané.
Représenter, raconter l’école dans les oeuvres
Enfin, on bascule clairement dans la narration, mais toujours à partir d’un univers familier Les premières idées qui viennent sont souvent liées à des scènes typiques : le premier jour d’école, un élève qui arrive dans une nouvelle classe, une situation embarrassante, un conflit, une réussite… Je pense notamment à Wonder, le trailer. On peut s’appuyer sur des extraits très courts de films ou de séries scolaires, ou même sur des récits simplifiés. Et, bien sûr, Harry Potter peut aussi revenir ici notamment dans l’étude de passages écrits. Comme avec cet extrait gratuit. Mais on pourra tout aussi bien utiliser la poésie. D’ailleurs vous trouverez ci-dessous une mini-séquence de rentrée qui pourra parfaitement intégrer cet objet d’étude.
Conclusion
Pour conclure, l’axe 4 « École et loisirs » peut sembler très familier au premier abord. Après tout, parler de l’école, des amis ou des activités extrascolaires fait déjà partie de notre quotidien en classe. Mais, comme souvent, le programme nous invite à aller un peu plus loin. Il ne s’agit plus seulement de décrire, mais de comprendre. Comprendre comment les élèves vivent leur scolarité, comment ils s’organisent, comment ils s’engagent. Bien exploité, cet axe permet donc de travailler à la fois la langue du quotidien et des notions plus larges comme l’appartenance, l’équilibre de vie ou l’engagement.
Un résumé à télécharger
Inscrivez-vous à notre newsletter et téléchargez le résumé de l’axe 4 en PDF. Cliquez sur les images.
Les autres articles de la série
Retrouvez les autres axes sur le blog en cliquant sur les images suivantes. Vous trouverez également un article plus généraliste sur l’école.

