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Axe 5 : Des langues, des lieux, des histoires

Axe 5 Des langues, des lieux, des histoires
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L’axe 5 des nouveaux programmes de 5e est probablement l’un des plus déroutants à première lecture. Contrairement aux axes plus “confortables” autour de l’école, du quotidien ou de l’imaginaire, celui-ci semble partir dans plusieurs directions à la fois : migrations, ville, évolution de la langue, fêtes américaines… Et, je dois l’avouer, c’est sans doute celui qui m’a demandé le plus de réflexion.

Cet article fait partie d’une série destinée à vous aider à mieux comprendre et exploiter les nouveaux programmes de 5e en détaillant chaque axe et chaque objet d’étude. Vous trouverez les autres articles de la série en bas de page.

Axe 5 Des langues, des lieux, des histoires

Introduction

Pour tout vous avouer, puisqu’on ne doit traiter que 5 axes sur 6 obligatoirement, cet axe 5 serait sans doute celui qui passerait le plus facilement à la trappe. En effet, j’ai eu beaucoup de mal à saisir la cohérence de cet axe. Les objets d’étude me semblaient très éloignés les uns des autres, presque disparates. Et surtout très éloignés tant des préoccupations d’un élève de 5e que de ces capacités langagières.

Mais, puisque je me suis engagée auprès de vous, à décortiquer chaque axe, j’ai pris le temps de l’apprivoiser. En relisant attentivement le texte officiel, un fil conducteur apparaît progressivement : celui des traces laissées par les populations, les cultures et les histoires dans les lieux… mais aussi dans la langue elle-même. Car cet axe ne parle pas seulement d’anglais. Il parle d’une langue vivante, mouvante, qui voyage avec les hommes et se transforme au contact des sociétés anglophones. En définitive, c’est peut-être l’un des axes les plus riches culturellement du programme. Même s’il est très « far-fetched » pour des élèves de niveau A2.

L’axe culturel dans sa globalité

Tout d’abord, si l’on prend le temps d’observer les formulations du programme, trois grandes idées émergent.

  • Premièrement, la langue anglaise est présentée comme une langue du mouvement. Elle circule, évolue, se transforme selon les pays, les populations et les périodes historiques. L’anglais n’est donc plus une langue “figée”, mais une langue portée par les migrations, les échanges et les rencontres culturelles.
  • Deuxièmement, les lieux deviennent des témoins d’histoire. Les villes, les quartiers, les monuments ou même certaines traditions racontent quelque chose des populations qui les ont façonnés. Derrière un nom de rue, une fête ou un plat, il y a souvent une histoire de déplacement, de mémoire ou d’héritage culturel.
  • Enfin, le programme introduit une réflexion plus implicite sur l’identité culturelle. Les sociétés anglophones apparaissent ici comme des espaces multiples, construits par des influences diverses. Et c’est probablement cette idée qui relie réellement tous les objets d’étude de l’axe.

Concrètement, cela nous invite à travailler une culture anglophone plus vivante et plus incarnée, en partant de récits, de lieux, d’accents, de traditions ou encore d’histoires personnelles. Enfin, concrêtement, on est encore dans la nébulleuse des programmes. Je vais essayer de rendre ça plus concret pour nous, et nos élèves surtout.

Quelles activités peut-on envisager ?

Ensuite, comme souvent avec ces nouveaux programmes, tout l’enjeu consiste à transformer ces notions assez abstraites en activités accessibles à des élèves de 5e.

  • On peut par exemple partir de cartes, de recettes, de témoignages simples ou d’objets du quotidien pour montrer comment les cultures circulent. Les élèves comprennent généralement très vite qu’un plat, une fête ou même un mot peuvent raconter une histoire.
  • Les activités autour des villes fonctionnent également très bien : créer un guide touristique, décrire un quartier célèbre, travailler sur le street art ou sur les panneaux dans une ville anglophone. Cet objet d’étude permet facilement d’introduire des supports très visuels.
  • L’axe se prête aussi particulièrement bien aux projets créatifs et narratifs. On peut imaginer des journaux de voyage, des cartes interactives, des mini-récits de migration, des affiches culturelles ou encore des enquêtes sur l’origine de certains mots anglais.

Enfin, il offre de nombreuses possibilités de comparaison culturelle. Les élèves peuvent observer les différences d’accent, découvrir des variantes lexicales ou comparer des traditions selon les pays anglophones étudiés.

Quels points de langue peut-on inclure ?

Sur le plan linguistique, cet axe est beaucoup plus riche qu’il n’y paraît au premier abord. Car tout y rentre ! Evidemment, le présent simple reste essentiel pour décrire des lieux, des habitudes culturelles ou des faits historiques simples. Mais très rapidement, on peut également introduire le prétérit pour raconter une migration, expliquer l’origine d’une tradition ou évoquer un événement historique.

Les marqueurs spatiaux prennent ici une place importante : from, to, across, in, through… tout comme le lexique des déplacements, des voyages et de la ville.

Cet axe permet également de travailler un vocabulaire très varié :

  • la ville et les lieux ;
  • les pays et les nationalités ;
  • les traditions et les célébrations ;
  • les langues et les accents ;
  • les émotions liées au voyage ou au déracinement.

Enfin, les comparatifs et les expressions de la différence culturelle trouvent naturellement leur place, notamment lorsqu’on compare plusieurs variantes de l’anglais ou différentes traditions anglophones.

Les objets d’étude de l’axe 5

A présent, passons aux choses sérieuses, et découvrons les 4 objets d’étude proposés dans cet axe. Pour rappel, les objets d’étude ne sont qu’indicatifs. Vous pouvez inventer les vôtres !

Migrations : lieux de passage, lieux de mémoire

Commençons par migrations ! C’est probablement l’objet d’étude qui m’a demandé le plus de réflexion. Au départ, je craignais quelque chose de trop complexe ou trop historique pour des élèves de 5e. Pourtant, en cherchant un angle plus concret et plus humain, les idées sont finalement venues assez naturellement.

La première piste qui me semble vraiment accessible consiste à passer par la nourriture et les traditions culinaires. Derrière un plat britannique ou américain se cache souvent une histoire de migration. On peut ainsi montrer comment les populations déplacent aussi leurs cultures, leurs habitudes et leurs recettes. Et puis cela permet de traiter 2 axes en une seules séquences puisque l’axe 2, Le quotidien : lieux, rythmes, saisons, propose un objet d’étude autour de la table. J’ai donc pensé une mini séquence Food Travels Too sur le multiculturalisme culinaire à Londres (et donc clin d’oeil au Royaume Uni, axe 6 obligatoire).

On pourrait également travailler sur des lieux emblématiques comme Ellis Island, ou sur des récits très simples de familles quittant leur pays pour commencer une nouvelle vie. L’objectif n’est évidemment pas de faire un cours d’histoire complexe, mais de raconter des parcours humains accessibles aux élèves. D’ailleurs, plus j’y réfléchis, plus je pense que cet objet d’étude fonctionne lorsqu’on raconte des histoires individuelles plutôt que lorsqu’on reste dans des explications abstraites.

Écrire sur la ville, écrire dans la ville

Ensuite, cet objet d’étude est probablement l’un des plus visuels de l’axe. Immédiatement, je pense aux grandes villes anglophones : Londres, New York, Dublin ou encore Melbourne. Les élèves aiment généralement beaucoup travailler sur ces espaces urbains très marqués culturellement. On peut partir de descriptions simples de quartiers célèbres, de panneaux, de street art, de cartes ou même de chansons évoquant la ville. Cet objet se prête très bien aux activités de création : imaginer son propre quartier, créer un guide touristique ou écrire une carte postale depuis une ville anglophone.

C’est aussi une excellente porte d’entrée pour travailler la description et les repères spatiaux de manière très naturelle. Mais ce que je retiendrais c’est sans doute une séquence sur le Street Art. Vous le savez, j’aime beaucoup Keith Haring et j’ai dû mal à abandonner cette séquence. Pourtant il va me falloir la revoir entièrement pour lui donner un angle Street Art plus marqué. Sans doute à Londres et Bristol. Evoquer Banksy aussi.

Stay Tuned ... une séquence Street Art est en préparation

Une langue, des déclinaisons

En troisième vient un objet d’étude qui impressionne le plus au premier abord, car il semble très “linguistique”. Pourtant, avec des 5e, il peut devenir extrêmement ludique. J’ai décidé de revoir entièrement la séquence William the Conqueror (qui n’était auparavant qu’un patchwork d’activités) poru l’occasion. 

Mais, sur un plan plus personnel, j’ai décidé de créer une nouvelle activité qui verra bientôt le jour pour comparer anglais britannique et anglais américain. Car pendant toutes mes années d’enseignement j’ai dû expliquer pourquoi je disais certaines choses différemment.

Stay Tuned ... une séquence UK vs US English est en préparation

Un patrimoine, des histoires

Enfin, cet objet d’étude permet d’aborder les fêtes et les mémoires collectives dans les sociétés anglophones. Thanksgiving vient immédiatement à l’esprit, mais le programme ouvre aussi la porte à des thèmes plus historiques comme Juneteenth. Pour traiter de cet objet d’étude, nous avons imaginé non pas une séquence mais un projet à partir de 6 flapbooks. L’idée est d’étudier des célébrations qui « s’opposent » ou « se complètent » pour (faire) comprendre qu’une même histoire peut être racontée de 2 points du vue différents. Et que la société actuelle doit apprendre à célébrer toutes les voix.

Deux élèments complémentaires composent ce projets : un pack de 6 flapbooks (mais vous les avez peut-être déjà en individuel) et une activité de lien.

Conclusion

Pour conclure, l’axe 5 « Des langues, des lieux, des histoires » est probablement l’un des plus riches — mais aussi l’un des plus exigeants — des nouveaux programmes de 5e. À première vue, ses objets d’étude peuvent sembler dispersés. Pourtant, tous interrogent finalement la même idée : les langues et les cultures se construisent à travers les déplacements, les rencontres et les héritages. Bien exploité, cet axe permet donc d’aborder une culture anglophone plus vivante, plus humaine et plus incarnée. Et même si sa mise en œuvre demande parfois un peu plus de créativité, il ouvre aussi la porte à des séquences particulièrement stimulantes et variées.

Un résumé à télécharger

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