Corriger l’expression écrite est souvent la correction la plus redoutée. Chronophage, elle est souvent pour le professeur devant ses copies ou l’élève devant son résultat, une « perte » de temps. Les guillemets sont ici à dessein. Evidemment qu’on n’y perd pas de temps. Mais la frustration est bien là. Voici des pistes pour espérer y trouver sinon du plaisir au moins de l’intérêt.
Corriger en classe ou à la maison ?
Tout d’abord, je crois qu’il faut différencier la correction faite en classe de celle faite à la maison. Si, en tant que professeur, nous devons prendre le temps de les corriger sur notre temps de préparation, les élèves ont le choix de le faire en classe, sous la « surveillance » et avec les conseils de leur professeur, ou à la maison, avec ou sans aide. J’ai toujours opté pour une correction guidée en classe, surtout parce que les conditions d’apprentissage de mes élèves par le passé n’étaient pas idéales, ou du moins, pas égalitaires. Je crois véritablement qu’une expression écrite doit être revue après correction pour être améliorée et que, si l’on apprend de ses erreurs, il est donc nécessaire de les étudier. D’une part pour les comprendre. D’autre part pour ne plus les refaire. Et à notre grand désarroi, la plupart de nos élèves récupèrent leur copie, la fourre dans leur cahier, au fond du sac voire même la jettent à la poubelle, et n’y jette plus un œil. Pour moi, la correction à la maison, si elle peut être bénéfique pour certains, se doit d’être initiée en classe. Histoire de ne pas laisser l’élève seul face à sa copie. Et surtout histoire de s’assurer qu’il n’ait pas recours à l’intelligence artificielle.
La correction par le prof
Pour corriger des expressions écrites, sans vouloir enfoncer des portes ouvertes, je dirais que la clé est un barème précis. Encore faut-il réussir à le faire. Avec le temps, j’ai trouvé souvent plus simple de ne pas le faire AVANT d’obtenir les copies. Cela vous semblera sans doute curieux. Voire inepte. Chacun sa technique. La mienne consiste souvent à lire les copies, lister les points qui après lecture me semble indispensables, nécessaires, intéressants, superflus et erronés. Et de partir de cette liste après pour faire mon barème. Ensuite, je relis avec deux techniques : une pour le collège et une pour mes élèves adultes. Au collège, je surlignais les erreurs et notais le « code erreur » dans la marge. Quel code erreur ? Celui que l’on trouve dans ce petit livre que je trouve très bien fait. (Il existe aussi pour le lycée). Une collection pour la classe et toutes mes corrections d’expression écrite s’en trouvaient facilitées. Au CNFLIG, je surligne les erreurs selon un code couleurs qui correspond à leur grille d’évaluation. Et je fais une rétroaction orale. Mais je me demande si je ne vais pas demander à faire acheter le même livre pour les niveaux supérieurs.
La correction par les élèves
Une fois les copies corrigées, annotées et notées, je consacre une heure de correction avec deux supports. Selon le niveau d’autonomie des élèves, je leur donne au choix :
- leur copie avec le petit livre, charge à eux de corriger leurs erreurs seul ou en binôme,
- ou bien leur copie avec une checklist* d’erreurs récurrentes à vérifier avant d’entrer dans le détail.
Pourquoi cette différence ? J’ai trouvé avec le temps que certains avaient besoin d’une étape intermédiaire pour rentrer à nouveau dans leur copie. Si les copies étaient au format numérique, comme cela m’arrive beaucoup à présent, je procède pareil. Mais je ne note pas, pour les « obliger » à corriger, me rendre à nouveau leur devoir et obtenir leur note.
Corriger en plusieurs étapes
Enfin, comme pour de véritables écrivains, je leur laisse la possibilité de revenir à nouveau sur leur devoir en ajoutant des choses qu’ils n’avaient pas eu le temps, ou pas penser, à mettre à l’intérieur. Donc oui, je corrige chaque expression écrite, deux fois. C’est chronophage, ne nous le cachons pas. Surtout les premières fois. Mais j’en ai fini avec les séances « worst of » qui ne servent à rien, les retours d’expressions écrites qui ne sont plus jamais relues. Et surtout, j’ai des élèves qui se créent leur propre checklist de correction. Avec leurs codes erreurs, leurs propres règles, leurs exemples. Et de très beaux progrès. Même chez des élèves en difficulté. Car, et je le répète à l’envi, on n’apprend jamais que de ses erreurs.
Nos ressources pour l'expression écrite
Pour terminer cet article, je voulais vous rediriger vers 3 articles complémentaires rédigés sur le blog par le passé. Le premier revient sur les stratégies pour faire écrire les élèves. Le second vous montrer comment je travaille la syntaxe. Et enfin, un point particulier sur l’enseignement de la grammaire. Car on n’écrit pas sans grammaire, on n’écrit qu’avec une syntaxe maitriser et des stratégies transférables.
Vous trouverez sur la boutique plusieurs ressources dont la petite dernière* partagée très récemment dans la newsletter et qui, si j’en crois le nombre de téléchargements, et vos messages de retours, est indispensable.



