En début d’heure, après votre rituel, faites-vous un recap de début d’heure ? Cette courte phase de réactivation permet tout à la fois de raviver la mémoire, relancer l’attention, et poser un cadre à votre séance à venir. Et on aurait tort de la négliger. Bien utilisée, elle contribue à structurer les apprentissages sur le long terme, à installer une routine d’expression orale accessible à tous, et à faire gagner un temps précieux tout au long de l’année.
Une phase courte… mais essentielle
Le principe du recap est simple : il s’agit de faire reparler les élèves de ce qu’ils ont vu ou fait lors de la séance précédente. Cela peut concerner la trace écrite, notamment le lexique, la structure grammaticale étudiée. Mais on peut aussi l’orienter vers le document travaillé, la tâche en cours ou un fait culturel. Le recap est loin d’être un simple rappel passif ! Il devient une mise en activité immédiate qui relie la séance en cours à celle d’avant. C’est aussi un moyen pour les élèves de retrouver leurs repères et d’entrer mentalement dans le cours d’anglais. Comme j’aime le dire à mes élèves, ce n’est pas un retour en arrière, mais un véritable tremplin vers l’avant.
Ce qui rend cette phase précieuse, c’est qu’elle place les élèves au coeur du cours. Ce sont eux qui expliquent. Même les plus discrets peuvent y trouver leur place, car on ne cherche pas la performance, mais l’activation des acquis. En binôme, en interaction rapide avec le professeur, ou même à travers un jeu, ce moment devient une opportunité de parole régulière.
Un moment pour parler, tous les jours
Bien sûr, le contenu varie selon le niveau de la classe, la nature de la séquence et le rythme du groupe. Pour les plus jeunes, on pourra privilégier des rappels très guidés, à partir d’images ou de phrases à compléter. Pour les plus avancés, on peut proposer des restitutions plus libres, des mini saynètes, ou des questions ouvertes. L’important est de faire en sorte que chaque élève puisse mobiliser quelque chose, même modeste.
Et comme on ne retient vraiment que ce l’on doit expliquer à quelqu’un d’autre, ce que j’aime moi, c’est un recap en Q&A. Je vous explique le concept. Leur homework est souvent un travail sur la trace écrite pour qu’ils se l’approprient et la retiennent. Mais ce qui marche très bien également, toujours à partir de leur trace écrite, c’est « Interroge tes camarades ». Ils doivent préparer deux questions de cours qu’ils pensent être difficiles pour le reste de la classe. Mon recap consiste donc à choisir quelques élèves qui questionnent la classe sur la trace écrite de la veille. D’ailleurs, ils se donnent à fond car ils aiment bien « piéger » leurs camarades sur des choses difficiles. Ils vont chercher la petite bête. Et l’air de rien, la seule qui y gagne c’est moi (et eux au plus profond) car ils travaillent plus qu’en ne faisant que la lire. Bien sûr, pour que leur question soit valide, ils doivent en connaître eux-mêmes la réponse, sans regarder dans leur cahier.
Comment le mettre en place sans alourdir le cours
Le recap peut aussi prendre différentes formes. Toutefois, n’oubliez pas qu’il s’agit d’une phase courte, cadrée, mais vivante, qui peut se dérouler en trois à sept minutes selon le format choisi. Vous pouvez l’introduire en posant une question simple du type : What did we do last time? What can you remember? Who can tell us about the last document we studied? Très vite, les élèves comprendront qu’il ne s’agit pas d’un test, mais d’un moment régulier où l’on réactive, où l’on réfléchit ensemble, et où l’erreur est permise.
Il peut s’agir d’un échange collectif, d’un travail en binômes (pendant que vous prenez l’appel, par exemple), ou d’un élève volontaire qui mène la réactivation. Certains collègues attribuent même un rôle tournant de “recap master” ou “memory captain” : un élève est chargé, à chaque séance, de rappeler en anglais ce qui a été vu auparavant. Cette responsabilisation fonctionne très bien, notamment en 4e ou 3e
Pour renouveler un peu le format, vous pouvez aussi ponctuellement proposer une mini-devinette, une image à décrire, une phrase à corriger, ou encore un mot-clé à replacer dans une phrase. Rien de trop ambitieux : l’essentiel, c’est que cela reste fluide, accessible, et agréable.
Installer une routine durable sans tomber dans la lassitude
De plus, le recap gagne à être ritualisé pour devenir efficace. Mais ritualiser ne veut pas dire figer. Il est tout à fait possible de varier les modalités tout en gardant une structure identique : les élèves savent qu’il y aura un recap, mais ne savent pas sous quelle forme. Cela entretient leur curiosité, sans casser leurs repères. Si vous annoncez les objectifs de votre séance, vous pouvez intégrer un petit pictogramme ou une phrase-clé pour annoncer le moment (Let’s recap!, Flashback time, Memory check…). Cela signale à tous qu’on entre dans une phase de transition, où la parole revient aux élèves, et où l’on se reconnecte au cours.
En résumé : un petit investissement, un grand retour
Le « recap de début d’heure » demande peu de préparation, mais il transforme profondément l’entrée dans la séance. Il valorise les efforts de mémoire, installe une pratique régulière de l’oral, et soutient la continuité des apprentissages. C’est aussi une excellente manière d’observer les acquis réels de vos élèves… sans évaluation formelle. Et surtout, il permet de commencer chaque cours avec une parole en anglais qui vient des élèves eux-mêmes. Une façon simple, mais puissante, de faire vivre la langue.
2 commentaires
Parfois difficile de tout faire en anglais, surtout quand il faut recap une leçon de grammaire. J’avoue que je les fais encore en français, sauf en 3è.
Très intéressant! J’aime beaucoup l’idée de préparer 2 questions pour un camarade. Merci pour cet article et passez de belles vacances!