L’imaginaire, les contes et les légendes font désormais partie des programmes de 6e. Dès la rentrée 2025, certaines de nos séquences devront entrer dans l’axe 4. Mais sans trop de prétérit simple qui doit être vu rapidement, avec quelques verbes usuels. Autant dire que cela ne va pas être facile. Mais j’ai travaillé sur cet axe depuis quelques semaines et vous offrent ici mes réflexions.
Cet article fait partie d’une série destinée à vous aider à comprendre les nouveaux programmes. Vous trouverez tous les autres articles en bas de page.
L'axe culturel dans la globalité
Place à la magie, aux créatures fantastiques, aux héros légendaires et aux récits farfelus. Cet axe 4 est probablement le plus évocateur pour nos élèves : il active immédiatement leur imaginaire et leur donne envie d’écouter, de raconter, de jouer avec les mots. On y explore les codes du conte, les mythes fondateurs, les figures récurrentes, sans oublier l’humour et la poésie absurde.
Je trouve cet axe particulièrement riche pour susciter l’adhésion des élèves. Et, soyons honnêtes, il nous ouvre aussi de belles possibilités créatives en classe. Cela dit, il faut parfois faire des choix, car tous les objets d’étude ne sont pas également exploitables en 6e. Certains paraîtront plus adaptés à des niveaux supérieurs, d’autres demandent de les réinterpréter avec souplesse.
Quelles activités peut-on envisager ?
Raconter une légende, jouer une scène courte, mimer une créature, illustrer un monstre, réciter un poème sonore, inventer un conte loufoque ou écrire une carte postale depuis un monde imaginaire… Les possibilités sont nombreuses, et très motivantes pour les élèves. Cet axe se prête à merveille au théâtre, au travail sur la voix, à la récitation, mais aussi à l’illustration ou à la création de petits livres.
On peut aussi faire le lien avec d’autres disciplines : l’EPS (mimes, postures de créatures), les arts plastiques (création de silhouettes, monstres, paysages imaginaires), le français (structure du conte), voire l’EMC si l’on aborde les valeurs symboliques (le dragon protecteur, le héros courageux…).
Quels points de langue peut-on inclure ?
C’est l’occasion rêvée de réutiliser le présent simple narratif et le présent en be + -ing dans un cadre signifiant. On peut aussi introduire du lexique très ciblé : parties du corps, émotions, pouvoirs magiques, objets enchantés, lieux extraordinaires… Le prétérit peut apparaître à l’oral ou en reconnaissance, mais il n’est pas obligatoire en 6e. Et surtout, on peut travailler les connecteurs du récit, les structures simples de cause/conséquence, les descriptions, les dialogues.
Les objets d’étude de l’axe 4
Voyons maintenant comment cet axe Imaginaire, contes et légendes peut prendre forme en classe à travers les quatre objets d’étude proposés par les programmes.
L’image du dragon
Tout d’abord, le dragon, plus classique en 5e, peut être réinvesti en 6e à travers des formes symboliques. Plutôt que d’aborder Beowulf ou Tolkien, j’ai choisi de m’appuyer sur un symbole culturel fort : le dragon rouge du drapeau gallois. Une légende simple, un drapeau, un lieu (Dinas Emrys), un peu de géographie et de culture, et une narration accessible au présent. On y parle de créatures, de rois, de magie et d’identité nationale. La séquence est courte, mais très efficace. Je suis toujours en train de la créer mais elle me permet d’aborder plusieurs objets d’étude en une seule séquence … Vous trouverez un article qui vous aide à construire la vôtre sur le sujet.
L’Irlande, terre de mythes et de légendes
Ensuite vient l’Irlande. Un pays que j’adore ! Mais que j’avais là aussi l’habitude de voir en 5e. Donc mes documents actuels ne sont pas adaptés. Cependant, je travaille sur un projet, encore secret, qui me permettra d’aborder la légende du leprechaun. J’aimerais y travailler la lecture à voix haute, la mise en scène, et la production écrite créative. C’est aussi un bon moyen de faire découvrir l’Irlande sans se limiter à Dublin ou Saint Patrick’s Day. Quelques ressources existent déjà sur ce pays que j’affectionne particulièrement, et qui sont utilisables dès la 6e. Je promets de vous en dire plus, très très bientôt !
-

Flashcards Ireland St Patrick avec pictionary
Note 5.00 sur 52,50€ Voir la ressource -

Vocabulaire Irlande et St Patrick
Note 5.00 sur 52,00€ Voir la ressource -

Jeu Happy Families – English Speaking Countries
Note 5.00 sur 52,00€ Voir la ressource -

Flapbook Ireland
Note 5.00 sur 52,00€ Voir la ressource
It's a kind of magic!
Puis, vient l’objet d’étude sur la magie. J’avoue qu’en tant que Potter Head j’aurais voulu l’intégrer là. Mais ma séquence requiert vraiment plus de bagage linguistique, donc elle continuera de s’adresser à des 5e. Cet objet d’étude nous permet d’évoquer magiciens, sorts, objets qui parlent, mondes à l’envers : tout est permis, et c’est ce qui plaît aux élèves. On pense bien sûr à Merlin, mais aussi à des œuvres comme Alice in Wonderland, où la logique se dérègle, ou Mary Poppins, qui mêle quotidien et merveilleux avec légèreté. Ce thème est idéal pour travailler la description (de personnages, d’objets magiques, de lieux imaginaires), mais aussi les règles et interdits (can, mustn’t…). Enfin, c’est l’objet d’étude idéal pour faire inventer un conte avec un peu de magie grâce à des Story Cubes dédiés ! Pour ma part, en 6e, j’ai choisi d’utiliser ma séquence Nanny Wanted sur Mary Poppins.
L’univers poétique et farfelu du Dr. Seuss
Enfin, cet objet d’étude est le plus délicat à traiter je trouve. Pourquoi ? Car l’image du Dr Seuss a été très abîmée récemment. Et pourtant j’ai plusieurs contes de cet auteur dans ma bibliothèque de classe. Il est notamment connu pour ses néologismes et j’y vois clairement un pont avec l’objet d’étude Supercalifragilisticexpialidocious dans l’axe 5 sur la musicalité de la langue. Alors voici les deux angles choisis pour traiter cet objet d’étude. D’une part, l‘un des livres du Dr Seuss faisant un support idéal pour rénover ma séquence Spelling Bee, je l’ai incorporé à une tâche intermédiaire pour la rendre encore plus en adéquation avec les nouveaux programmes. Je suis sûre que cela vous plaira ! D’autre part, nous avons créé un rituel de prononciation de Silly Words issus de la littérature anglophone.
Et en dehors des objets d’étude ?
Comme pour les autres axes, il est tout à fait possible de travailler l’imaginaire sans coller à la lettre aux objets proposés. Et ma progression de 6e contenait déjà deux séquences sur les contes, légendes et héros imaginaire. Ainsi je pourrai traiter Alice in Wonderland en lecture suivie, et même A Dark Dark Tale ainsi que les Superheroes. J’aime d’ailleurs beaucoup l’idée de Dark Dark Tale car il ets écrit au prétérit simple (there was-were) et permet donc également de traiter cet objectif linguistique, sans mettre nos élèves en difficulté. J’aime bien l’idée de leur mettre à disposition des sacs à histoires pour découvrir un livre en autonomie. D’autres sont d’ailleurs en préparation, notamment un pour traiter l’objet d’étude sur le Mississippi.
D'autres articles à lire
Nous en avons fini avec l’axe 4 Imaginaire, contes et légendes. Si vous êtes abonné.e à notre newsletter vous recevrez demain votre résumé de cet axe avec des pistes d’exploitation. Pour continuer d’explorer les nouveaux programmes de 6e, voici quelques lectures complémentaires :







3 commentaires
Merci mille fois Estelle pour ce travail gigantesque en parallèle du reste effectivement. Petite question: j’ai vu que les nouveaux programmes de 5e prévoient, entre autres, Mark Twain, l’école et UK (dont Londres et la famille royale). Je me pose donc la question des redites avec la 6e, car j’avais envie de faire Londres avec Paddington, le Mississippi avec Tom Sawyer en lecture suivie, et évidemment l’école. Aurais-tu une idée de génie? Merci!
Bonjour, je suis bien ennuyée pour te répondre. Mais il est vrai que j’ai volontairement traité uniquement le Mississippi en 6e pour laisser Mark Twain et Tom Sawyer en 5e comme les programmes le souhaitent. En revanche, si le Royaume-Uni est effectivement un axe de 5e, il n’y a pas un objet d’étude particulier sur Londres, donc je pense qu’on peut le traiter en 6e dans l’axe Pays et paysages. Mais une fois de plus, c’est vraiment complexe ces nouveaux programmes.
Merci Estelle de prendre encore le temps de réfléchir à tout ça alors que tu n’enseignes plus en collège !