Mrs Recht's Classroom

Séquences et ressources pédagogiques pour enseigner l’anglais au collège.

 

Mettre de l’ordre dans ses idées

Organiser ses idées
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Table des matières

Si vous enseignez depuis quelques années, il y a de fortes chances que ce scénario vous soit familier : une idée de séquence surgit en corrigeant des copies, une activité repérée lors d’un webinaire, un document sauvegardé « pour plus tard », une discussion en salle des profs qui déclenche une nouvelle piste… Et très vite, les idées s’accumulent. Beaucoup. Trop, parfois.

Cet article est le troisième dans une série de quatre sur le traitement de l’idée pédagogique.

Organiser ses idées

Introduction

À la suite du premier article de cette série, une lectrice a partagé son organisation personnelle : plusieurs carnets, classés par niveau, un autre dédié aux pratiques pédagogiques, aux jeux, aux rituels. Une méthode simple, concrète, efficace — et surtout révélatrice d’une réalité que nous partageons nombreux : le problème n’est pas le manque d’idées, mais leur abondance.

Avoir beaucoup d’idées n’est pas un défaut. Bien au contraire. C’est souvent le signe que nous sommes curieux, engagé, attentif à nos élèves et à notre discipline. Mais cette richesse peut devenir envahissante si elle n’est pas organisée. Elle fatigue, elle décourage parfois, et elle donne l’impression que l’on n’avance jamais vraiment. Dans cet article, je n’ai pas envie de proposer une méthode miracle ou une organisation parfaite. Je préfère partager des tactiques, des pistes, des façons de faire possibles pour mettre de l’ordre dans nos idées afin de retrouver un peu de sérénité dans notre réflexion pédagogique.

Un tri par type

Tout d’abord, commençons par une distinction très claire entre les idées de séquences et les idées de pratiques. Elle paraît évidente, et pourtant, dans les faits, nous les mélangeons souvent. Séparer ces deux catégories — dans des carnets distincts, des dossiers numériques différents, ou simplement par un code couleur — est souvent un premier soulagement. Peu importe l’outil.

Nos idées de séquences

Pour ma part, ce sont celles que j’ai le plus car tout me passionne : un thème culturel, un axe du programme, un poème, un livre un film, une publicité, un discours … Tout me plaît ! Ce sont des idées épuisantes car elles engagent nécessaire du temps, une planification, une réflexion sur les objectifs linguistiques et culturels. En revanche, organisées clairement, elles se révèlent puissantes car elles me permettent de proposer des séquences originales. Le classement doit donc être impeccable.

Pour ces idées-ci, je les classe numériquement, par niveau, dans des dossiers thématiques. Un thème = un dossier. Mais j’y reviens un peu plus tard, promis. J’ai essayé Google Keep pendant un moment mais cela ne me ressemble pas.

Nos idées de pratiques

Moins nombreuses, mais non moins fondamentales, ces idées-là sont plus légères, plus mobiles, souvent réutilisables dans différents contextes. J’inclus dans cette liste une activité orale qui fonctionne comme un Would you rather, un jeu de révision tel une course aux mots avec des flashcards, un rituel de début d’heure, une petite marotte comme le bingo de CO … Plus facilement mobilisables, elles doivent être accessibles facilement et rapidement. 

Ces idées-là sont dans un carnet à onglets que j’ai toujours dans mon sac. Les onglets sont créés à la main comme ça j’en ai autant que de besoin !

Un tri par niveau

Ensuite, le classement par niveau est sans doute le plus évident, car il a de solides qualités. Organiser ses idées pour les 6e, 5e, 4e et 3e permet de se projeter dans l’année, de rester en phase avec les programmes, et de visualiser rapidement ce qui pourrait être exploité.

Avantages

Evidemment, classer ses idées par niveau a quelque chose de très rassurant. Ce type d’organisation permet de gagner du temps au moment clé : celui où il faut préparer, parfois dans l’urgence, une séquence ou une activité. On ne part pas d’une page blanche, on pioche dans un réservoir déjà ciblé.

Ce tri aide aussi à mieux anticiper l’année. On se rend vite compte que certaines idées restent au stade de l’envie, tandis que d’autres reviennent naturellement d’une année sur l’autre. Dans ce sens, le classement par niveau joue presque le rôle d’un tableau de bord pédagogique.

Avec les nouveaux programmes, j’ai ressenti le besoin de véritablement écrire ce classement, par axe et par objet d’étude pour être sûre de tout couvrir. Bien sûr, en 5e, c’est toujours en construction

Ressources Nouveaux Programmes 6e
Ressources Nouveaux Programmes 6e
Ressources Nouveaux Programmes 5e
Ressources Nouveaux Programmes 5e

Inconvénients

Le revers de la médaille, c’est que ce classement peut devenir rigide. Et c’est d’autant plus vrai lorsque l’on change de programme, il y a des idées qui vont basculer d’un niveau à un autre. Cela nécessite de bien connaître son inventaire ! Autre limite : ce tri peut donner l’illusion que tout est prêt. Or, avoir une idée classée ne signifie pas qu’elle est exploitable telle quelle. Certaines pistes sont encore floues, d’autres demanderaient du temps que l’on n’aura pas cette année-là. Le risque est alors de s’imposer une pression inutile, avec cette sensation de devoir « rentabiliser » toutes ses idées, alors que le cœur du métier reste de faire des choix raisonnés, et parfois d’accepter de laisser certaines idées en sommeil.

Astuce

D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle ces idées là sont au format numérique. Donc requêtables ! Et comme je suis une geek format papier (comprendre geek mais pas trop), je les duplique dans les dossiers nécessaires. Donc une même séquence (finie ou en gestation) peut se trouver dans deux voire trois dossiers.

Un tri par thème

Enfin, le tri par thème que nous autres dinosaures avons connu sur le site de Michelle Henry ou que nous avons créé à partir des manuels, est également très intéressant. De la même manière que le tri par niveau, il est important de le mettre au format numérique pour pouvoir faire une recherche par mot-clé.

Un tri par pays

Tout d’abord, celui que j’affectionne tout particulièrement est le tri par pays. J’ai un gros dossiers numérique avec des dizaines (que dis-je centaines) de ressources pour chaque pays anglophones. A présent, des pays sont obligatoires dans certains niveaux, donc le dossier en question a été dupliqué dans le dossier du niveau. J’espère que je suis claire dans mes explications.

Un tri par fêtes calendaires

Ensuite, j’ai un « calendrier » culturel sur mon disque dur. Mois par mois, un dossier, qui contient lui aussi des sous dossiers pour chaque fête calendaire que je souhaite étudier. C’est plus facile pour y piocher cette petite activité last minute avant les vacances.

Un tri par actualité

Enfin, seul dossier qui est régulièrement mis à jour, le dossier actualité me permet d’enregistrer des ressources qui passent et qui me plaisent mais que je n’ai pas le temps de traiter là maintenant. 

Conclusion

Trier ses idées c’est aussi choisir de ne pas toutes les garder.

Faire des choix, c’est aussi se respecter

Choisir, c’est renoncer. Cette réalité peut être inconfortable, surtout lorsque l’on aime créer et expérimenter. Pourtant, faire des choix pédagogiques clairs permet de travailler avec plus de sérénité.

Renoncer à certaines idées ne signifie pas qu’elles étaient mauvaises. Cela signifie simplement qu’elles n’étaient pas prioritaires à ce moment-là. Cette posture protège l’énergie et permet de s’investir pleinement dans ce qui est réellement mis en œuvre.

Des ressources pensées pour accompagner ce tri

C’est aussi dans cette optique que nos ressources pédagogiques sont conçues : proposer des séquences structurées, adaptables, prêtes à l’emploi, qui s’inscrivent clairement dans les programmes. Elles ne cherchent pas à tout couvrir, mais à offrir des appuis solides, laissant la place à l’appropriation et aux ajustements.

Disposer de ce type de support permet de se concentrer sur l’essentiel : les élèves, la progression, la cohérence d’ensemble. Les idées personnelles peuvent alors venir enrichir un cadre déjà posé, sans alourdir la préparation.

Accepter que tout ne soit pas fait

Le temps n’est pas extensible. Cette évidence mérite d’être rappelée. Aucun enseignant n’exploitera toutes ses idées, ni toutes les ressources qu’il croise. L’enjeu n’est pas l’exhaustivité, mais la pertinence. Apprendre à trier, organiser et prioriser ses idées, c’est se donner la possibilité de durer dans le métier sans renoncer à la créativité. C’est aussi accepter que certaines idées attendront, parfois longtemps, sans perdre leur valeur. Et c’est souvent dans cet équilibre que naissent les projets les plus aboutis.

Les autres articles de la série

4 articles composent cette série, le 4e sera publié la semaine prochaine. Il abordera l’angoisse de la page blanche liée à l’abondance des idées. Par quel bout commencer ? Comment articuler ses idées ?

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