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Le syndrome de l’imposteur

Sommaire

Aujourd’hui, je partage avec vous mes plus noires interrogations. Mon syndrome de l’imposteur. C’est une voix intérieure qui parfois me freine et contre laquelle je me bats souvent. Je vous ouvre mon coeur #safeplace. Vous êtes prévenus.

Le syndrome de l'imposteur ?

C’est un terme un peu fort, je l’avoue. Mais il traduit vraiment ce que je ressens parfois et que je ne dis pas assez souvent ouvertement. J’éprouve parfois le sentiment de ne pas avoir le droit ni la légitimité de donner des conseils à mes lecteurs.

Je reçois quotidiennement des messages adorables me demandant des astuces pour telle ou telle activité langagière, pour la gestion de classe, pour la création de séquence. On me pose des tas de questions sur la façon de rédiger une trace écrite, sur ce que je pense de telle façon de faire, sur l’organisation du cahier, sur le tout anglais, sur la différenciation. Certaines questions sont très pointues en linguistique ou en civilisation mais la plupart du temps ce sont des questions très larges sur la pédagogie que l’on m’envoie.

Première réaction

Et ma première réaction, toujours, c’est une boule au ventre. J’entends cette petite voix intérieure qui me dit :

  • « Pourquoi on te demande ça à toi, qui es-tu pour donner des conseils ? »
  • « Et de quel droit donnes-tu ces conseils d’ailleurs ? »
  • « Tu n’es qu’une petite prof d’anglais, ni formatrice, ni tutrice, ni rien du tout, reste à ta place ! »
Deuxième réaction

Ma deuxième réaction, toujours, c’est de trouver une réponse. Parfois, je l’ai facilement. Je la connais. En tous cas, c’est une question que je me suis déjà posée, j’ai trouvé une solution qui fonctionne dans ma classe et je la partage. Parfois, je n’ai pas la solution miracle car c’est quelque chose que je ne maitrise pas et qui me pose souci également. Et je me sens complètement inutile, à ne pas pouvoir vous aider. J’aimerais, mais je ne sais pas. Et je me torture l’esprit pour trouver cette réponse. Car sinon, la petite voix revient :

  • « Tu vois, ils comptent sur toi et tu ne sais pas. »
  • « Au final, tu n’es pas différente des autres profs, tu galères et puis tu fais semblant de gérer. »
  • « Tu es une imposture. ».
C’est un cercle vicieux.

Une imposture, peut-être ?

Avec le temps, j’ai appris à contrer cette petite voix et lui opposer des arguments qui fonctionnent et qui me permettent d’avancer. Une fois de plus, il m’a fallu la combattre ces dernières semaines.

Je suis une personne à risques. Une maladie chronique m’accompagne depuis mes 6 ans. Elle ne m’handicape pas vraiment au quotidien car j’ai appris à vivre avec. Je l’ai même transmise à l’un de mes enfants tellement je l’aime bien, c’est vous dire ! Mais, quand le COVID est arrivé, j’ai su qu’elle serait plus que jamais au coeur de nos vies à tous les 6. Et, de fait, je n’ai pas repris, car je n’en ai pas le droit, dixit mon médecin traitant et la liste publiée par le gouvernement.

N’empêche cette petite voix me torture de plus belle :

  • « Tu donnes des conseils et tu n’y vas pas ! »
  • « Ils sont tous beaucoup plus courageux que toi tes lecteurs ! »
  • « Comment pourrais-tu aider à enseigner en juin alors que toi tu continueras à distance ? »

Et je dois avouer que je me bats pour contrer ces mauvais arguments.

Mon ancrage

Mon ancrage c’est ma famille. Ils savent tous ô combien cet éloignement forcé de ma classe et de mes élèves me pèse. Si j’avais le choix, j’irai. Mais ce n’est pas un choix ! Tomber gravement malade – car c’est ce que me réserve ce virus s’il me trouvait – voire pire n’est pas une alternative. 

Avant d’être prof, je suis épouse et maman. J’ai dû apprendre, et j’apprends tous les jours, à les faire tous les 5 passer avant mes élèves, mes copies, mes prep ! Et même si c’est complètement inepte, il m’aura fallu le COVID pour enfin faire passer ma santé avant mon travail.

Mon ancrage c’est vous également ! Quand je reçois vos messages adorables pleins de compliments et d’admiration – « ça fait prétentieuse, tais-toi » – j’en ai les larmes aux yeux. Je mets souvent longtemps à vous répondre car je ne sais que dire, vous êtes incroyables. Lorsque je vous retrouver en LIVE sur Facebook et que je reçois vos commentaires, vos questions, je sais que je peux aider.

Vos messages

J'attends souvent le moment où je serai au calme pour ouvrir tes mails, tant je me délecte de chaque visite sur ton site. Même si ce n'était qu'une petite balade dans ce bel univers emprunt de rose, de belles polices d'écriture, de jolies couleurs, de beaux dessins ! Mais, en plus, je trouve tes idées géniales, fabuleuses, faciles d'accès et d'appropriation, originales, drôles, constructives, etc... J'ai toujours envie de me les approprier tout de suite, ça me redonne la pêche, un nouvel élan dans ce métier qui pourrait devenir routinier... En bref, je te trouve extraordinaire, fabuleuse, pétillante, et belle en plus ! Je t'admire, tu représentes un idéal d'enseignement pour moi. Et je ne sais pas où tu trouves le temps et l'énergie pour faire ton travail de prof, de maman de 4 enfants, entretenir ton site et te renouveler chaque jour dans ta pratique. En un dernier mot, un grand MERCI pour tout ce que tu m'apportes et pour cette énorme générosité qui te pousse à partager ton savoir, ton travail et tes idées.

Stéphanie

Thank you SO MUCH for your blog (... and the shop ... and the VIP section... and the newsletter... and the blog hop... and your enthusiasm... and .... and.... ) : you really have helped me renew my teaching this year and I am SOOOOOO thankful ! ( and I bet my pupils are too !) Your job is inspired and inspiring beyond belief ! I wish you and your family a wonderful summer vacation ( nearly there !).

Nathalie

Et tout ça pour ?

Si j’ai écrit cet article, c’est avant tout pour me libérer d’un poids. Je ne veux pas que vous pensiez que j’ai les réponses. J’en ai certaines. Mais je suis comme vous tous. Certaines fois, je me sens nulle, inutile et parfois totalement démunie. D’autre fois, au contraire, je sais que je maîtrise quelque chose, et je me lance à fond.

A vrai dire, je ne suis ni plus ni moins qu’un petit pion de l’Education Nationale. Je fais ce que je peux, comme vous. Nous faisons tous au mieux.

Et moi aussi je vous admire ! Je suis fan des pros de Genially, de tous ceux qui ont des chaînes Youtube avec des capsules topissimes, des profs incroyables qui se sont emparés de la classe virtuelle et font des visios de malades ! Je ne suis rien de tout ça. Mais j’ai mes forces. Et je m’appuie dessus pour lutter contre cette petite voix. En espérant qu’elle ne gagne jamais. Car je crois bien que j’ai ma place. Oui, j’ai ma place ici. Je suis à ma place.

2 commentaires

  • melaniepe.mannino dit :

    C’est justement la fait que tu doutes qui te rend encore plus accessible pour nous parce que malgré ça, tu partages tes idées et tes expériences. Pour les professeurs débutants comme moi (c’est juste ma troisième année), des sites comme le tien sont des mines d’or, pas seulement parce que tu partages ton travail, mais aussi parce que tu partages tout le reste. Et voir des gens comme toi, qui ont de la « bouteille » comme on dit, rassure les débutants (au moins pour mon cas) que se tromper n’est pas grave, que quand une idée ne marche pas, c’est pas grave et on passe à autre chose, que se remettre en question est important dans notre métier. Alors merci pour ton expérience, tes idées, ton travail, mais surtout merci pour ton honnêteté!
    Mélanie.

  • sydneyalias4619 dit :

    Il n’y a pas d’imposture dans le partage, la sincérité et la passion de ton métier. Tu es sincère et courageuse, créative et généreuse. Tes doutes sont une preuve d’humilité qui, à elle seule, me suffit. En présentiel ou en distanciel, nous avons tous et toutes besoin d’un repère pour échanger et partager des connaissances. Tu es un repère, un  » Bundle » d’idées, un « password » et un formidable « flapbook » que j’aime lire. Il n’est pas question d’imposture mais d’amour de ton métier, d’échanges instructifs et de transmission de tes expériences qui sont la quintessence de l’enseignement.
    Léa

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